lundi 11 août 2008

Le Post, Sarkozy et la liberté d'expression : entre dissuasion et censure (1)



Vive le Web 2.0 : sa liberté, son interactivité, sa mise en connexion instantanée avec quiconque...et sa promptitude à faire taire un propos jugé outrancier.

Avant d'évoquer précisément l'objet de cet article, prêtez-vous à un jeu, cher lecteur : voici deux versions d'un même article, publiés tous deux sur le site Le Post. Le premier bénéficia en quelques heures d'un buzz fulgurant, au point de figurer sur la page Google News et d'attirer environ 15000 lecteurs en l'espace de trois jours, avant d'être purement et simplement supprimé par les modérateurs du site; le second existe toujours sur le site, attirant néanmoins un public beaucoup plus modeste en raison de sa charge polémique "atténuée"...

Les deux textes sont identiques dans le propos, au fond : seule existe une différence sémantique dans la qualification du comportement présidentiel : celui de Nicoals Sarkozy himself.

Ami lecteur, sauras-tu trouver les différences?

(Suite et récit de la péripétie cocasse - la censure d'un article "populaire" sur Le Post et les raisons invoquées ainsi que le compromis final ! - dans le prochain message publié).

VERSION 1, publiée le 29/07 à 12h41 :

Sarkozy, Obama et la "racaille"

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Par Chamizam
le 29/07/2008, vu 15167 fois, 36 nombre de réactions
Info servie nature, non vérifiée par la rédaction du Post, à consommer telle quelle !

Malaise à l'Elysée. Durant la conférence de presse commune de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, une journaliste de CNN a posé LA question dérangeante parmi ses collègues assoupis. Une réponse embarassée de Sarkozy qui se perd en digressions.

"Monsieur le Président, ne regrettez-vous pas votre propos raciste?". Même si elle ne fut pas formulée de la sorte, la question de la journaliste de CNN, Christiane Amanpour, grand reporter et adepte du franc-parler, était limpide.

Entourée de ses collègues français et étrangers, émerveillés devant la prestance notoire du sénateur américain, Amanpour s'est autorisée à rappeler à Sarkozy sa qualification des jeunes de banlieue, alors qu'il était ministre de l'Intérieur : de la "racaille".

Extrait de la question, tel quel :
AMANPOUR: Mr. President Sarkozy, you know that in France the presence of Barack Obama and what he's done in terms of breaking the barriers in the United States has sort of made a resurgent black consciousness movement here. The black people in France are very proud and very hopeful for their future.

They also live, many of them, in poor situations. And you know you've had your own riots here, and protests and disturbances in the "banlieue" and the Cité. At one point when we were covering those riots, when you were Interior minister, you called the rioters "scum." And I'm wondering whether you feel today, when you stand next to somebody you clearly admire so much and who has broken so many barriers, that you regret that term, or that you wish you hadn't said it.


Interrogé sur son éventuel regret du terme, Sarkozy se contente de répondre à côté, se félicitant qu'il n'y ait pas eu d'émeutes en France depuis son mandat.

Faire ainsi une allusion sur le racisme latent ( mais reconnu selon diverses sources proches de l'homme) du chef de l'Etat, alors qu'il se trouve aux côtés du "héros" anti-raciste par excellence Barack Obama, n'était pas innocent. Alors qu'il se vante d'être son copain et d'oeuvrer lui-même pour la discrimination positive, le rappel de ce propos méprisant, faisant des jeunes de banlieue des sous-hommes, a le mérite de mettre Sarkozy face à ses contradictions.

Certains diront face à ses propres démons.

Observez sa réaction dans le texte de sa réponse, en français doublé en anglais. L'homme trop souriant perd visiblement pied.



Video Sarkozy/Obama/Amanpour

Par Chamizam(56 Encourager)








VERSION 2, publiée le 3/8 à 21h30

Sarkozy, la "racaille" et Obama

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Par Chamizam
le 03/08/2008, vu 3843 fois, 10 nombre de réactions
Post repéré par la rédaction


Malaise à l'Elysée. Durant la conférence de presse commune de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, une journaliste de CNN a posé LA question dérangeante parmi ses collègues anesthésiés. Une réponse embarassée de Sarkozy qui se perd en digressions.


"Monsieur le Président, ne regrettez-vous pas votre mépris ?". Même si elle ne fut pas formulée de la sorte, la question finale de la journaliste de CNN, Christiane Amanpour, grand reporter et adepte du franc-parler,était limpide.


Entourée de ses collègues français et étrangers, hypnotisés par la prestance notoire du sénateur américain, Amanpour s'est autorisée à rappeler à Sarkozy sa qualification en 2005 des jeunes de banlieue, alors qu'il était ministre de l'Intérieur et ses propos sur le Kärcher.

Extrait de la question, tel quel :
AMANPOUR: Mr. President Sarkozy, you know that in France the presence of Barack Obama and what he's done in terms of breaking the barriers in the United States has sort of made a resurgent black consciousness movement here. The black people in France are very proud and very hopeful for their future.

They also live, many of them, in poor situations. And you know you've had your own riots here, and protests and disturbances in the "banlieue" and the Cité. At one point when we were covering those riots, when you were Interior minister, you called the rioters "scum." And I'm wondering whether you feel today, when you stand next to somebody you clearly admire so much and who has broken so many barriers, that you regret that term, or that you wish you hadn't said it.


Interrogé sur son éventuel regret du terme, Sarkozy se contente de répondre à côté, se félicitant qu'il n'y ait pas eu d'émeutes en France depuis son mandat.


Revenir ainsi sur le terme péjoratif employé par le chef de l'Etat pour stigmatiser une catégorie d'individus alors qu'il se trouve aux côtés du "héros" de la réconciliation nationale par excellence, Barack Obama, n'était pas innocent. Alors qu'il se vante d'être son "copain" et d'oeuvrer lui-même pour la discrimination positive, le rappel de ce mot ambïgu a le mérite de mettre Sarkozy face à ses contradictions.

La journaliste ne s'y trompe pas en faisant elle-même dans sa question le parallèle entre les espoirs de la jeunesse afro-américaine envers Obama et les revendications de la jeunesse noire en France.

Avez-vous jamais entendu Sarkozy, ou un autre homme politique, qualifier de "racaille" d'autres catégories de la population?



Par Chamizam (56 Encourager)



AU JEU DES x DIFFERENCES, AMI LECTEUR, SAURAS-TU SAISIR L'ENJEU CENTRAL DE LA CONTROVERSE ?

A suivre, partie 2 imminente.....

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