mercredi 3 septembre 2008

Des journalistes pris pour cibles en Géorgie

Dommage collatéral. Ames sensibles, s'abstenir. Dans le reportage de guerre, il a y parfois des morts et le plus souvent de grosses frayeurs. C'est ce qu'ont dû ressentir la correspondante d'une télévision géorgienne ainsi qu'une équipe de journalistes turcs en repérage lorqu'ils ont été sous les balles. Extraits.

Tamara Urushadze l'a échappé belle. La correspondante de la télévision d'Etat géorgienne, âgée de 32 ans, était en train d'effectuer un plateau en direct à proximité de la ville de Gori quand l'incident s'est produit.






Pro jusqu'au bout, ou en quête insensée de sensationnalisme, la journaliste continue son direct et précise avoir été touché par un "sniper", qu'il s'agit d'une "blessure mineure" au bras gauche, ajoutant qu'elle n'a cependant "aucune idée d'où le tir pouvait provenir".

Autre incident, encore plus spectaculaire : des journalistes turcs travaillant pour les chaînes NTV et Kanal Turk ont subi des rafales de balles par des soldats ou miliciens dont il est impossible de déterminer l'identité sur la vidéo. Un membre de l'équipe a reçu une balle dans l'oeil mais sa vie ne serait pas en danger. On les entend réciter des prières au moment le plus critique et crier à plusieurs reprises "Press! Press!" pour faire cesser les tirs.



Ces extraits témoignent du danger permanent vécu par les reporters sur le terrain, aussi bien en provenance des soldats russes et géorgiens que d'éventuels miliciens isolés.
Par ailleurs, il est intéressant de constater que ces vidéos provoquent de nombreux commentaires sceptiques de la part de certains internautes pro-russes, qui évoquent de la désinformation, voire une mise en scène de la part des Géorgiens pour diaboliser les forces russes.

Même si ces incidents semblent authentiques, sans pour autant pouvoir déterminer avec certitude l'identité du sniper de la journaliste ou des assaillants de l'équipe turque, il est sans doute judicieux de garder à l'esprit que toute guerre militaire passe aussi par une guerre pour l'information et par l'usage d'une technique redoutable par chaque camp : la propagande.

La vérité est toujours la première victime de la guerre.


http://www.lepost.fr/article/2008/08/18/1245896_des-journalistes-en-direct-pris-pour-cibles-en-georgie.html

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La Géorgie, terra incognita pour Google




Buzz. Depuis quelques jours, des internautes férus de géographie font courir le bruit : la Géorgie, ainsi que ses voisins l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ont disparu du site Google Maps. Le mot "censure" est même évoqué par certains pour expliquer cette curieuse omission. Topo sur un quiproquo.

Un blanc, éloquent et mystérieux : voilà ce qui reste de trois pays du Caucase actuellement sous haute tension. Quiconque désireux d'aller saisir le dessous des cartes en répérant au préalable la situation géographique des pays en conflit sera surpris de constater leur disparition sur un site pourtant estimable : Google Maps

Le contexte n'est pas anodin : la guerre continue de faire rage entre la Géorgie et la Russie, chacune accusant l'autre de ne pas respecter un prétendu cessez-le-feu et, plus loin mais si proche, la tension larvée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'est exacerbée depuis mardi soir par des affrontements sporadiques.
Au vu de la guerre en cours impliquant la Russie, il était tentant pour les internautes experts en liens occultes d'y voir la censure de Google pour des raisons de "sécurité militaire" en raison de l'origine russe de son co-fondateur : en effet, l'Américain Sergey Mikhailovich Brin a grandi à Moscou.

Chou blanc : dans un communiqué officiel, et sans doute pour mettre fin aux rumeurs croissantes d'une intervention politique et partisane de Google (qui a oublié sa collaboration en 2006 avec les autorités chinoises pour censurer certains résultats de recheche?), son responsable de la gamme des produits, dave Barth, a indiqué que la carte de ces trois pays n'avait de toute manière jamais figuré dans la base de données du logiciel, en raison de lacunes "insatisfaisantes" pour permettre une mise à disposition virtuelle de leur géographie.
Il a indiqué que cette carence serait prochainement corrigée et il a suggéré, au passage, que la concordance entre le conflit en cours et l'omission de trois pays impliqués dans la crise était une pure coincidence.

(Sources: GoogleBlog)

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Jeux de guerre : de la Géorgie à l'lran




Scénario catastrophe. Nombre de commentateurs et d’experts militaires, usant de la liberté de la blogosphère, qualifient la guerre en Géorgie de "diversion stratégique", en vue d’un conflit imminent contre l’Iran. Affabulation ou analyse perspicace ? Retour sur les éléments troublants du drame en train de se jouer.


Sourires affichés, complicité évidente : George Bush et Vladimir Poutine ont l’air étrangement ravi, en ce vendredi 8 août 2008, alors que se déroulent les cérémonies d’ouverture des jeux Olympiques, quelques heures après le début de l’offensive russe en Géorgie. La diplomatie d’apparat relativise ce jour-là à Pékin la gravité de la situation : l’allié inconditionnel des Etats-Unis et l’ex-République soviétique, la Géorgie, subit le retour de bâton de la part de la Russie, à la suite de ses incursions répressives en Ossétie du Sud, province pro-russe.


Dès lors, la plupart des médias vont déployer la dramaturgie de "David contre Goliath", incarnés respectivement par la "faible" Géorgie et le terrible "ours russe". La ville géorgienne de Gori offre ainsi le tragique spectacle de ses morts bombardés par les Russes. Pourtant, le contexte de ce conflit a priori inopiné mérite d’être élargi, dans le temps comme dans l’espace.


ACTE 1 : juillet 2008, deux opérations militaires cruciales pour saisir les enjeux du conflit se déroulent.

* Operation Immediate Response 2008 : c’est la qualification insolite qui consacre les entraînements militaires conjoints entre soldats américains et géorgiens à la base de Vaziani, proche de la capitale de Tbilissi, entre le 15 et le 30 juillet ;

* Operation Brimstone : il s’agit-là d’exercices militaires effectués au large de la côte américaine, dans l’Atlantique Nord, entre des navires de guerre en provenance des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, du 21 au 30 juillet.


ACTE 2 : la Chine, alliée de l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU, prépare avec nervosité et crispation en ce début du mois d’août l’inauguration des jeux Olympiques. L’Empire du Milieu est tout entier accaparé par les contorsions diplomatiques sur la liberté d’expression via internet et la répression des émeutiers ouïghours.


ACTE 3 : le golfe Persique, lieu hautement stratégique en cas d’attaque contre l’Iran, voit débarquer une armada navale composée de flottes de navires de guerre américains, britanniques et français. Il s’agit-là du plus grand rassemblement naval depuis l’entrée en guerre des coalitions dans la région (1991 et 2003).


ACTE 4 : la Russie intervient le 8 août en Géorgie pour défendre, selon ses termes, la province pro-russe d’Ossétie du Sud, qui fut l’objet d’une sévère répression par l’armée géorgienne. Devant ce regain de tension entre les Etats-Unis, protecteur de la Géorgie, et la Russie, certains n’hésitent pas à suggérer le retour de la guerre froide en faisant le parallèle avec la crise des missiles à Cuba en 1962.Résumé : la Chine est occupée par les JO et les mouvements terroristes ou dissidents ; la Russie s’est engagée militairement dans une démarche qui compromet son image déjà écornée sur la scène internationale ; la région du golfe Persique est le théâtre de manœuvres militaires de grande ampleur, au point que le Koweit et d’autres Etats limitrophes préparent leurs infrastructures politiques et militaires à un état de guerre dans la région.


Et l’ACTE 5 à venir ?L’étincelle de la guerre contre l’Iran : un blocus maritime entraînant une réaction militaire de Téhéran à l’encontre des navires de guerre présents dans le golfe Persique.


L’avenir proche permettra de trancher sur la pertinence de ces recoupements.Si cela devait s’avérer exact, les historiens futurs se souviendront du 8 août 2008 comme du premier jour de la Troisième Guerre mondiale.


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