Dans la peau de Claude Askolovitch


De quoi Askolovitch est-il le nom? Au-delà de son opportunisme politique et de la chasse aux sorcières antisémites qu’il affectionne, le nouveau Sarko boy de la team Lagardère est un cas d’école pour qui veut comprendre comment se réalise un homme d’influence.
C’est l’homme par lequel le scandale est arrivé. Sans Claude Askolovitch, pas d’affaire Siné. Discret et modeste sur son rôle dans le feuilleton politico-médiatique de l’été, le voilà enfin récompensé. Pour son double coup, crier au loup antisémite et sauver l’honneur de Jean Sarkozy, Askolovitch sera doublement bombardé oracle politique, au JDD et sur Europe 1. En charge désormais de délivrer la bonne parole de gauche sarko-compatible. Au royaume des médias, Askolovitch est le nouveau baron en vue, un roitelet en devenir. Aux anciens seigneurs, sa reconnaissance : la polyvalence multimédia frénétique d‘un Alain Duhamel, le moulin à paroles d’un Christophe Barbier, le cynisme cabotin d’un Franz-Olivier Giesbert et, surtout, la violence brutale et manœuvrière d’un Jean-Pierre Elkabbach.
Flashback : nous sommes en 1992. Animé de toute l’ambition de ses 30 ans, le jeune Claude publie avec Sylvain Attal un livre au titre significatif : « la France du piston ». De la théorie à la pratique, il aura fallu seize années d’un labeur patient pour se faire lui-même pistonner en haut lieu : tisser un réseau, collaborer dans tout média à grande surface d‘exposition, s’adonner aux modes idéologiques et, surtout, faire des coups. La controverse, il adore ça, Claude. Commencer, timidement, par « révéler » le passé trotskyste de Lionel Jospin puis, dénoncer l‘alter mondialisme estampillé mi-stupide mi-dangereux, alerter l’opinion sur l’apparition fantasmée de « l’islamo gauchisme » importé par le perfide-au-double-langage, Tariq Ramadan (dans son article de 2003, au titre subtil , « les gauchistes d‘Allah », il avait brillamment confondu les termes « islamiste » et « islamique ») avant d’investir toute son énergie dans le repérage des innombrables « critiques-crypto-antisémites-d’Israël » (Edgar Morin, Pascal Boniface, Bernard Langlois, Siné, liste non exhaustive).
Asko, porte-flingue de Val et laboureur de Sarko
Askolovitch est un récidiviste : dans les habits du procureur radiophonique, il se plaît, tantôt à saluer les propos de Sarkozy, tantôt à incarner le MacCarthy de la lutte anti-antisémite. Dès 2005, il avait déjà commis sur la même station, RTL, une boulette indigne de son catalogue publicitaire et humaniste de gôche, le Nouvel Obs. Le 21 juin, dans l’émission « on refait le monde », Asko avait approuvé la délicate expression employée par Sarko en visite à la Courneuve, « nettoyer au Kärcher », au point de surenchérir lui-même avec une infinie délicatesse : « un type qui tire sur un gamin est une ordure et un détritus ! ». Et d'oser regretter : « le problème avec Sarkozy, c’est qu’il fait le matamore, il dit qu’il va nettoyer sans nettoyer, voilà, ça ne suffira pas ». Un homme simplement révolté et exigeant , ce sensible Claude.
Mais sympatoche et toujours prêt à rendre service : exemple, l’affaire Siné. Comme l’a révélé la femme du caricaturiste, Catherine Sinet, sur le site bibliobs, c’est Philippe Val qui a contacté Askolovitch avant son passage sur RTL. Le patron de Charlie Hebdo, stratège de la Fox News version hebdo BHL, a sans doute jugé bon d’utiliser un intermédiaire consentant comme Asko pour faire virer son ennemi intime. Bingo : le précepteur à la voix sirupeuse dégomme Siné en tronquant des passages de sa chronique, afin de rendre plus crédible l’accusation d’antisémitisme, et remporte, au passage, la gratitude du clan Sarkozy, dans lequel figure Arnaud Lagardère, pour sa défense héroïque du petit Jean .
C’est l’homme par lequel le scandale est arrivé. Sans Claude Askolovitch, pas d’affaire Siné. Discret et modeste sur son rôle dans le feuilleton politico-médiatique de l’été, le voilà enfin récompensé. Pour son double coup, crier au loup antisémite et sauver l’honneur de Jean Sarkozy, Askolovitch sera doublement bombardé oracle politique, au JDD et sur Europe 1. En charge désormais de délivrer la bonne parole de gauche sarko-compatible. Au royaume des médias, Askolovitch est le nouveau baron en vue, un roitelet en devenir. Aux anciens seigneurs, sa reconnaissance : la polyvalence multimédia frénétique d‘un Alain Duhamel, le moulin à paroles d’un Christophe Barbier, le cynisme cabotin d’un Franz-Olivier Giesbert et, surtout, la violence brutale et manœuvrière d’un Jean-Pierre Elkabbach.
Flashback : nous sommes en 1992. Animé de toute l’ambition de ses 30 ans, le jeune Claude publie avec Sylvain Attal un livre au titre significatif : « la France du piston ». De la théorie à la pratique, il aura fallu seize années d’un labeur patient pour se faire lui-même pistonner en haut lieu : tisser un réseau, collaborer dans tout média à grande surface d‘exposition, s’adonner aux modes idéologiques et, surtout, faire des coups. La controverse, il adore ça, Claude. Commencer, timidement, par « révéler » le passé trotskyste de Lionel Jospin puis, dénoncer l‘alter mondialisme estampillé mi-stupide mi-dangereux, alerter l’opinion sur l’apparition fantasmée de « l’islamo gauchisme » importé par le perfide-au-double-langage, Tariq Ramadan (dans son article de 2003, au titre subtil , « les gauchistes d‘Allah », il avait brillamment confondu les termes « islamiste » et « islamique ») avant d’investir toute son énergie dans le repérage des innombrables « critiques-crypto-antisémites-d’Israël » (Edgar Morin, Pascal Boniface, Bernard Langlois, Siné, liste non exhaustive).
Asko, porte-flingue de Val et laboureur de Sarko
Askolovitch est un récidiviste : dans les habits du procureur radiophonique, il se plaît, tantôt à saluer les propos de Sarkozy, tantôt à incarner le MacCarthy de la lutte anti-antisémite. Dès 2005, il avait déjà commis sur la même station, RTL, une boulette indigne de son catalogue publicitaire et humaniste de gôche, le Nouvel Obs. Le 21 juin, dans l’émission « on refait le monde », Asko avait approuvé la délicate expression employée par Sarko en visite à la Courneuve, « nettoyer au Kärcher », au point de surenchérir lui-même avec une infinie délicatesse : « un type qui tire sur un gamin est une ordure et un détritus ! ». Et d'oser regretter : « le problème avec Sarkozy, c’est qu’il fait le matamore, il dit qu’il va nettoyer sans nettoyer, voilà, ça ne suffira pas ». Un homme simplement révolté et exigeant , ce sensible Claude.
Mais sympatoche et toujours prêt à rendre service : exemple, l’affaire Siné. Comme l’a révélé la femme du caricaturiste, Catherine Sinet, sur le site bibliobs, c’est Philippe Val qui a contacté Askolovitch avant son passage sur RTL. Le patron de Charlie Hebdo, stratège de la Fox News version hebdo BHL, a sans doute jugé bon d’utiliser un intermédiaire consentant comme Asko pour faire virer son ennemi intime. Bingo : le précepteur à la voix sirupeuse dégomme Siné en tronquant des passages de sa chronique, afin de rendre plus crédible l’accusation d’antisémitisme, et remporte, au passage, la gratitude du clan Sarkozy, dans lequel figure Arnaud Lagardère, pour sa défense héroïque du petit Jean .
Non seulement la méthode Asko finit par payer mais elle se voit reprise par sa dernière victime : Siné en personne. Le jeudi 28 août, interrogé sur RMC, l’anar professionnel lâche subitement son sentiment sur un « confrère » sans que les animateurs de l’émission des « Grandes Gueules» ne lui aient posé la question : « Dieudonné est une ordure antisémite, je n’ai rien avoir avec lui ! ». Étrange d’entendre un homme calomnié reprendre exactement les mêmes termes employés à son encontre par Asko (« ordure » et « antisémite ») pour tirer sur une ambulance. Un geste pathétique de la part de Siné pour regagner une virginité mais un exploit pour Askolovitch qui voit sa diabolique technique réutilisée par sa propre cible.
Tant de succès ne doivent pas vous intimider pour devenir l’ami de Claude Aslolovitch sur Facebook. En effet, le grand reporter intrépide dispose d’une page sur ce réseau social à la mode où l’on apprend, entre autres choses passionnantes, qu’il est né un 18 décembre et que sa religion est le « PSG, un club pour fans à la nuque roide »(sic). Plus révélateur, on y découvre qu‘il milite pour la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit et, ô surprise, qu’il appartient au groupe « le meilleur des mondes », dédié à la revue homonyme du neoconservatisme à la française. Finalement, l’élément le plus évocateur dans son profil est situé dans le cadre réservé pour la photo : à la place du visage poupin de l‘ex-journaliste sportif figure un dessin illustrant un boxeur terrassant son adversaire avec panache.
De quoi Askolovitch est-il le nom, au juste, si ce n’est du besoin de cogner.
Tant de succès ne doivent pas vous intimider pour devenir l’ami de Claude Aslolovitch sur Facebook. En effet, le grand reporter intrépide dispose d’une page sur ce réseau social à la mode où l’on apprend, entre autres choses passionnantes, qu’il est né un 18 décembre et que sa religion est le « PSG, un club pour fans à la nuque roide »(sic). Plus révélateur, on y découvre qu‘il milite pour la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit et, ô surprise, qu’il appartient au groupe « le meilleur des mondes », dédié à la revue homonyme du neoconservatisme à la française. Finalement, l’élément le plus évocateur dans son profil est situé dans le cadre réservé pour la photo : à la place du visage poupin de l‘ex-journaliste sportif figure un dessin illustrant un boxeur terrassant son adversaire avec panache.
De quoi Askolovitch est-il le nom, au juste, si ce n’est du besoin de cogner.
Libellés : antisémitisme, askolovitch, lagardère, sarkozy, siné

