jeudi 4 septembre 2008

Dans la peau de Claude Askolovitch




De quoi Askolovitch est-il le nom? Au-delà de son opportunisme politique et de la chasse aux sorcières antisémites qu’il affectionne, le nouveau Sarko boy de la team Lagardère est un cas d’école pour qui veut comprendre comment se réalise un homme d’influence.

C’est l’homme par lequel le scandale est arrivé. Sans Claude Askolovitch, pas d’affaire Siné. Discret et modeste sur son rôle dans le feuilleton politico-médiatique de l’été, le voilà enfin récompensé. Pour son double coup, crier au loup antisémite et sauver l’honneur de Jean Sarkozy, Askolovitch sera doublement bombardé oracle politique, au JDD et sur Europe 1. En charge désormais de délivrer la bonne parole de gauche sarko-compatible. Au royaume des médias, Askolovitch est le nouveau baron en vue, un roitelet en devenir. Aux anciens seigneurs, sa reconnaissance : la polyvalence multimédia frénétique d‘un Alain Duhamel, le moulin à paroles d’un Christophe Barbier, le cynisme cabotin d’un Franz-Olivier Giesbert et, surtout, la violence brutale et manœuvrière d’un Jean-Pierre Elkabbach.

Flashback : nous sommes en 1992. Animé de toute l’ambition de ses 30 ans, le jeune Claude publie avec Sylvain Attal un livre au titre significatif : « la France du piston ». De la théorie à la pratique, il aura fallu seize années d’un labeur patient pour se faire lui-même pistonner en haut lieu : tisser un réseau, collaborer dans tout média à grande surface d‘exposition, s’adonner aux modes idéologiques et, surtout, faire des coups. La controverse, il adore ça, Claude. Commencer, timidement, par « révéler » le passé trotskyste de Lionel Jospin puis, dénoncer l‘alter mondialisme estampillé mi-stupide mi-dangereux, alerter l’opinion sur l’apparition fantasmée de « l’islamo gauchisme » importé par le perfide-au-double-langage, Tariq Ramadan (dans son article de 2003, au titre subtil , « les gauchistes d‘Allah », il avait brillamment confondu les termes « islamiste » et « islamique ») avant d’investir toute son énergie dans le repérage des innombrables « critiques-crypto-antisémites-d’Israël » (Edgar Morin, Pascal Boniface, Bernard Langlois, Siné, liste non exhaustive).

Asko, porte-flingue de Val et laboureur de Sarko

Askolovitch est un récidiviste : dans les habits du procureur radiophonique, il se plaît, tantôt à saluer les propos de Sarkozy, tantôt à incarner le MacCarthy de la lutte anti-antisémite. Dès 2005, il avait déjà commis sur la même station, RTL, une boulette indigne de son catalogue publicitaire et humaniste de gôche, le Nouvel Obs. Le 21 juin, dans l’émission « on refait le monde », Asko avait approuvé la délicate expression employée par Sarko en visite à la Courneuve, « nettoyer au Kärcher », au point de surenchérir lui-même avec une infinie délicatesse : « un type qui tire sur un gamin est une ordure et un détritus ! ». Et d'oser regretter : « le problème avec Sarkozy, c’est qu’il fait le matamore, il dit qu’il va nettoyer sans nettoyer, voilà, ça ne suffira pas ». Un homme simplement révolté et exigeant , ce sensible Claude.

Mais sympatoche et toujours prêt à rendre service : exemple, l’affaire Siné. Comme l’a révélé la femme du caricaturiste, Catherine Sinet, sur le site bibliobs, c’est Philippe Val qui a contacté Askolovitch avant son passage sur RTL. Le patron de Charlie Hebdo, stratège de la Fox News version hebdo BHL, a sans doute jugé bon d’utiliser un intermédiaire consentant comme Asko pour faire virer son ennemi intime. Bingo : le précepteur à la voix sirupeuse dégomme Siné en tronquant des passages de sa chronique, afin de rendre plus crédible l’accusation d’antisémitisme, et remporte, au passage, la gratitude du clan Sarkozy, dans lequel figure Arnaud Lagardère, pour sa défense héroïque du petit Jean .


Non seulement la méthode Asko finit par payer mais elle se voit reprise par sa dernière victime : Siné en personne. Le jeudi 28 août, interrogé sur RMC, l’anar professionnel lâche subitement son sentiment sur un « confrère » sans que les animateurs de l’émission des « Grandes Gueules» ne lui aient posé la question : « Dieudonné est une ordure antisémite, je n’ai rien avoir avec lui ! ». Étrange d’entendre un homme calomnié reprendre exactement les mêmes termes employés à son encontre par Asko (« ordure » et « antisémite ») pour tirer sur une ambulance. Un geste pathétique de la part de Siné pour regagner une virginité mais un exploit pour Askolovitch qui voit sa diabolique technique réutilisée par sa propre cible.

Tant de succès ne doivent pas vous intimider pour devenir l’ami de Claude Aslolovitch sur Facebook. En effet, le grand reporter intrépide dispose d’une page sur ce réseau social à la mode où l’on apprend, entre autres choses passionnantes, qu’il est né un 18 décembre et que sa religion est le « PSG, un club pour fans à la nuque roide »(sic). Plus révélateur, on y découvre qu‘il milite pour la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit et, ô surprise, qu’il appartient au groupe « le meilleur des mondes », dédié à la revue homonyme du neoconservatisme à la française. Finalement, l’élément le plus évocateur dans son profil est situé dans le cadre réservé pour la photo : à la place du visage poupin de l‘ex-journaliste sportif figure un dessin illustrant un boxeur terrassant son adversaire avec panache.

De quoi Askolovitch est-il le nom, au juste, si ce n’est du besoin de cogner.

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Askolovitch diabolise Siné qui diabolise Dieudonné


Calomnie(s). Rebondissement dans le feuilleton politico-médiatique de l’été : après avoir été traité d’"ordure antisémite" par le journaliste Claude Askolovitch, le caricaturiste Siné vient d’user de la même expression pour qualifier son confrère Dieudonné. Les juges peuvent tous les remercier : grâce à ces animateurs du débat public, la chronique judiciaire sera fournie en procès pour diffamation.
Rebelote : on croyait le champ de bataille clairement délimité entre pro et anti-Siné et voilà que l’ancien compagnon de route de Charlie Hebdo vient de semer sa zone, en faisant une sortie digne de Philippe Val et de son accusateur public, Claude Askolovitch.

Après la mémorable dénonciation d’Askolovitch sur l’antenne de RTL le 8 juillet, dont les conséquences ont été le licenciement de Siné et d’innombrables éditos / commentaires sur l’usage de l’antisémitisme pour discréditer un adversaire, une péripétie s’est produite sur les ondes de RMC le jeudi 28 août.

Siné, invité en duplex, est intervenu à l’antenne pour confirmer aux animateurs de l’émission Les Grandes Gueules le lancement de Siné Hebdo le 10 septembre et préciser les aspects judiciaires de sa convocation au tribunal, la veille, pour "incitation à la haine raciale".

Le caricaturiste est en terrain plutôt favorable : les animateurs et les autres invités de l’émission ne lui sont guère hostiles. Or, voilà qu’une question au sujet des collaborateurs du futur hebdomadaire est abruptement posée, au point de déstabiliser quelque peu Siné :

"Y aura Dieudonné (dans l’équipe) ?"

Siné, pris de court, bafouille, rit jaune, parle de "beau coup bas" avant d’exprimer spontanément son sentiment sur Dieudonné sans que la question ne lui soit posée :

"Dieudonné est une ordure, il est antisémite, je n’ai rien avoir avec lui !".



Extrait de l’émission, passage concerné à 4’30.

A noter que l’émission n’est curieusement plus audible sur la page web de RMC car le lien censé y conduire est "confondu" avec celui d’une autre interview...

"Ordure, antisémite"... Quelle étrange coïncidence... Ce sont exactement les termes employés par Askolovitch pour qualifier Siné et qui lui valent une poursuite en justice pour diffamation.
Etrange surtout de voir un homme bafoué par la calomnie user des mêmes procédés pour jeter l’anathème sur un autre caricaturiste.

Evidemment, certains objecteront que le soupçon d’antisémitisme est plus tentant à l’égard de Dieudonné qu’envers Siné... Mais, à moins de mettre en parallèle toutes les déclarations de ces deux humoristes transgressifs depuis le début de leur carrière, il serait délicat de déterminer lequel des deux serait plus "ordurier" et "antisémite" pour reprendre les mots doux d’Askolovitch.

Question : y aurait-il un deux poids deux mesures dans le traitement médiatique des caricaturistes ? Car de deux choses l’une : soit Siné et Dieudonné méritent également ces qualificatifs pour leurs allusions répétées au judaïsme dans leur travail, soit aucun des deux ne devrait subir la diabolisation que certains journalistes et chroniqueurs influents ont tenté à leur encontre.

Autre question : faut-il voir dans la remarque de Siné, qui pourrait lui coûter un autre procès intenté par Dieudonné (qui les a majoritairement remportés depuis 2003), une opinion sincère ou bien une grossière tentative de se racheter une certaine virginité auprès d’un public mitigé ?
Réponse dans les kiosques à partir du 10 septembre pour savoir si Siné ne risque pas à son tour de devenir un nouveau procureur stalinien, à la manière du chansonnier permanent Philippe Val.
Quant au fondement de l’expression artistique de la caricature comme satire politique nécessaire de notre temps, méditons sur les sagaces paroles proférées par le guide suprême de la nation, du temps où il n’était encore qu’un prophète-guerrier venu à la rescousse de Charlie Hebdo en procès contre les terribles mahométans.

"Je préfère l’excès de caricature à l’absence de caricature", dixit Nicolas Sarkozy.

Chiche....

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