samedi 13 septembre 2008

Le lapsus d’Obama : "ma foi musulmane"

US Buzz. C'est la rumeur qui gonfle sur le Net depuis 24 heures : Barack Obama aurait révélé être musulman. Décryptage d'un lapsus surtout révélateur de la peur de l'Islam aux Etats-Unis.


Jusqu'alors, il était légèrement en tête dans les sondages : Barack Obama risque de payer très cher la gaffe commise lors de sa dernière interview. Dimanche soir, sur ABC, chaîne à forte audience, le candidat démocrate à la présidentielle américaine est interrogé par George Stephanopoulos sur les allégations relatives à son identité religieuse. Il cacherait sa foi islamique selon ses détracteurs.

Obama évoque lors de l'entretien sa défense de Sarah Palin quand celle-ci s'est vue questionnée à propos de sa fille enceinte. A l'allusion du journaliste quant au refus équivalent de McCain de vérifier l'appartenance religieuse de son rival, Obama répond ceci :
-"Ne jouons pas à ça. Ce que je suggérais - vous avez absolument raison au sujet de McCain qui n'a pas parlé de ma foi musulmane. Et vous avez absolument raison sur le fait que cela n'a pas..."
-"Foi chrétienne",
corrige le journaliste en interrompant Obama.
- "Ma foi chrétienne. Hé bien...ce que je suis en train de dire, c'est qu'il n'a pas suggéré que j'étais musulman."




Trop tard. Malgré un discret sourire pour souligner sa bévue, on devine le malaise d'Obama. Avoir eu un père musulman et porter deux prénoms (Barack et Hussein) issus de la tradition arabo-islamique ont longtemps porté préjudice au sénateur de l'Illinois.
Outre le lapsus peut-être révélateur chez l'homme d'une ambiguïté sur son propre héritage culturel, il est curieux de constater à quel point le sujet fait débat en quelques heures aux Etats-Unis. Au point qu'Obama doive presque rassurer l'électeur sur le fait qu'il n'a pas de pratique de l'islam, comme s'il s'agissait d'une tare ou d'un danger pour l'Américain moyen.

Visiblement, si la question d'un homme noir ou d'une femme à la Maison Blanche est encore posée, il est certain qu'il ou elle ne pourrait guère se revendiquer de l'islam, comme Bush de sa foi évangélique. Dans un pays qui se targue pourtant de défendre dans le monde entier la liberté de culte, comme le président américain le fit récemment en Chine, la forte réticence de l'électorat à porter un musulman à la présidence semble paradoxale.

Au-delà de son cas personnel, le lapsus d'Obama souligne la peur que suscite encore l'islam aux Etats-Unis. Le mythe selon lequel quiconque, d'où qu'il soit, peut accéder, à force de travail et de patriotisme, au sommet du pouvoir américain vient de prendre un coup.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44234

Libellés :

1 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Well written article.

10 novembre 2008 à 15:24  

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

<< Accueil