samedi 27 septembre 2008

Kissinger me twice






Barack Obama/John McCain : un débat pontifiant avec 3 détours intéressants.

Firstly, la référence commune au grand-maître de l'ombre diplomatique, Henry Kissinger : la crapule patentée, responsable sous Nixon de diverses interférences anti-démocratiques en Amérique latine (dont la plus fameuse reste la préparation,via les bons offices de la CIA, du coup d'Etat du 11 septembre....1973, au Chili) était sans cesse invoquée par les deux candidats, comme deux élèves qui voulaient se prévaloir du prestige "moral" du vieux briscard. L'enjeu : le type de rapport à entretenir avec un certain Ahmadinejad, éventuel préparateur d'un "nouvel Holocauste" selon le délicat McCain. Kissinger serait partisan d'un dialogue direct avec le numéro2 iranien "sans pré-conditions", selon Obama. Démenti cinglant de McCain, qui le rectifie, arguant de son amitié de 35 ans avec le globe-trotter des coups tordus.

Secondly, le port commun de bracelets particuliers : des mères de soldats envoyés en Irak leur ont transmis à chacun un gri-gri, en guise de talisman mémoriel pour leur défunt fils, mort au combat. Obama s'est empressé, la main levée pour prendre la parole après son rival, pour arborer son propre bracelet : en plus du badge (pin's?) figurant le drapeau américain, le candidat démocrate n'oubie pas d'exalter le patriotisme crasse de l'électeur américain moyen, hors-East Coast.

Last but not least, l'épouvantail habituel d'Al-Quaeda : pour montrer qu'il avait la stature du commandeur en chef, Obama est revenu également sur la menace terroriste perpétuelle, précisant qu'il savait qu'il y aurait "60 pays" dans lesquels Al-Quaeda disposait de cellules opérationnelles. Bigre....60 cellules et pas une capable de faire du "ramdam" autour des ambassades américaines....Quelle apathie.
Al-Quaeda n'est plus l'ombre que d'elle-même.

Avantage final, malgré tout, à Obama : la condescendance de McCain était flagrante. Pas un regard en direction du candidat démocrate et un ton systématiquement paternaliste ont desservi le cadidat républicain.

Symbole percutant en filigrane : le débat s'est tenu dans l'Université du Mississippi qui avait connu des émeutes , au début des années 60, pour avoir intégré un etudiant noir. Ce lieu , jadis ségrégationniste, a pourtant accueilli le premier candidat noir à la présidentielle américaine.

Sur ce point, comme sur la question de la liberté d'expression, il est évident que les Etats-Unis sont situés à des années-lumière du village gaulois. La France, où l'art de se prévaloir de beaux principes, déclamés toujours, pratiqués rarement.

What a shame...

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