La Russie pour sauver le soldat Bigard
"La vérité est toujours posthume à la réalité dont elle élucide le sens" JMB, 14/09/08, France3
Jean-Marie Bigard tient là sa revanche. Si nul n’est prophète en son pays, alors l’humoriste repentant n’a plus qu’à s’exiler en Russie. C’est là-bas qu’un documentaire sulfureux a été diffusé vendredi soir en prime time sur la première chaîne nationale. Le thème : le 11 septembre 2001, revu et corrigé.
Alors que le débat sur le 11 septembre continue, en France, à coups d’invectives entre « conspirationnistes » et « suivistes », le Kremlin a sorti le grand jeu. Dans cette période critique qui voir resurgir le spectre de la guerre froide, les Russes ont décidé d’attaquer l’ennemi américain par un biais détourné. Leur pari? Attaquer la crédibilité yankee en déconstruisant la version officielle des attentats du 11 septembre. La stratégie? Organiser une soirée évènementielle à la télévision, en prime time vendredi dernier, dont l’objet était audacieux : remettre radicalement en cause le récit classique des attaques terroristes. Le moyen? Un documentaire choc suivi d’un débat polémique.
Ground Zero Show
Tout d’abord, dès 21h25, le doc : « Zéro, Enquête sur le 11 septembre ». Production italienne, le film, réalisé d’après une enquête de Giulietto Chiesa, ancien journaliste à la Stampa et désormais député européen indépendant, relate l’ensemble des anomalies, omissions et contradictions du rapport officiel de la commission d‘enquête sénatoriale, publié en 2004. Tout y passe : les défaillances sécuritaires de l’armée de l’air pour intercepter les avions, les témoins de bruits d’explosions avant la chute des tours, la confusion sur l’identité des pirates de l’air, la troisième tour effondrée, les obstructions d’enquête de la part du FBI, les esquives de l’administration Bush lors de l’audition de la commission parlementaire, la promotion ultérieure des responsables en poste, etc, etc. Divers témoins se succèdent à la barre : contrôleurs aériens, employés du World Trade Center, pilotes militaires, agents du FBI, journalistes, assistants parlementaires, et ainsi de suite.
Clairement, on est loin ici des vidéos amateurs et autres compilations faites depuis leurs chambres par de jeunes internautes facétieux, de type « Loose change ». Malgré la tenation du mélodrame dans certaines séquences, le documentaire est typiquement professionnel, dans sa réalisation comme dans sa narration. Intervenants de poids : outre les physiciens et militaires interrogés, le romancier incisif Gore Vidal et le satiriste Dario Fo, prix Nobel de littérature, ont un discours autrement plus articulé qu’un Bigard. A ce jour, de toutes les enquêtes audiovisuelles proposant une autre version du 11 septembre, c’est sans nul doute la plus efficace, de par son cachet, à la fois élégant et percutant.
Le World Trade Center depuis l’espace
Puis vint le débat, enregistré à l'avance. Thierry Meyssan, bête noire des médias hexagonaux, fit partie d’un panel d’intervenants venus animer un débat contradictoire sur la nature et la responsabilité des attaques. Le député européen Chiesa, auteur du documentaire et ami proche de Gorbatchev, était présent, ainsi que le général russe Leonid Ivashov, chef d’état-major des forces armées au moment des faits. Des journalistes américains ont ainsi dialogué avec des spécialistes russes. Le clou du spectacle était la participation insolite d’un cosmonaute russe qui évoqua le contenu de photos de l‘espace aérien de New York, « hautement révélatrices », qu’il a prises juste après les attaques, depuis la station spatiale internationale…
Détail amusant, le présentateur de l’émission, Alexander Gordon, prit le soin de préciser que la ligne éditoriale de la soirée ne reflète pas nécessairement celle du Kremlin mais qu‘il s’agit simplement de présenter un débat libre où tous les points de vue sur le 11 septembre seront abordés.
Si l’on imagine mal Poutine ou Medvedev en régie pour superviser le bon déroulement du débat, de préférence hostile, ou du moins critique, envers l’administration Bush, il est certain que la diffusion, sur la première chaîne nationale, d’une telle soirée exceptionnelle, à tendance « conspirationniste » (pour reprendre le mot doux des « suivistes »), et ce, au lendemain de la commémoration du 11 septembre, n’est pas le fruit du hasard. A la veille du départ du tandem infernal Bush/Cheney, accusé d’avoir favorisé les troubles en Géorgie, le duo Poutine/Medvedev peut vouloir accentuer son offensive, sur le champ médiatique, à défaut du champ de bataille. L’impact ne fut pas insignifiant. Au-delà des 20 à 30 millions de téléspectateurs russes susceptibles d'avoir suivi le documentaire, le message adressé au reste du monde est limpide : la Russie donne son « aval » pour envisager sérieusement l’hypothèse d’une complicité américaine dans la préparation du 11 septembre.
Nous sommes tous des Bigard
Stratégie payante en ces temps de suspicion généralisée : d’après un sondage publié le 10 septembre et réalisé durant l’été par l’université du Maryland, sur un échantillon de 16000 personnes dans 17 pays, il ressort qu’il n’y pas de consensus dans l’opinion publique sur l’identité des auteurs des attentats. En moyenne, ce sont 46% des personnes interrogées qui estiment Al-Qaeda responsable tandis qu’une personne sur quatre n’a pas d’avis tranché. En Europe, ce sont les Français et les Allemands qui sont les plus « croyants » en la version officielle, avec respectivement 63 et 64 % à désigner Ben Laden. A l’inverse, le Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, le Mexique se démarquent franchement avec des majorités plutôt sceptiques.
En attendant l’exfiltration politique de Jean-Marie « Galilée » Bigard vers Moscou, qui a d'ailleurs récidivé dans ses propos sur le plateau de France 3, le bras de fer américano-russe continuera, sur les décombres de l’Ossétie comme sur celles, désormais, du World Trade Center.
http://www.lepost.fr/article/2008/09/12/1263548_ground-zero-show.html
Jean-Marie Bigard tient là sa revanche. Si nul n’est prophète en son pays, alors l’humoriste repentant n’a plus qu’à s’exiler en Russie. C’est là-bas qu’un documentaire sulfureux a été diffusé vendredi soir en prime time sur la première chaîne nationale. Le thème : le 11 septembre 2001, revu et corrigé.
Alors que le débat sur le 11 septembre continue, en France, à coups d’invectives entre « conspirationnistes » et « suivistes », le Kremlin a sorti le grand jeu. Dans cette période critique qui voir resurgir le spectre de la guerre froide, les Russes ont décidé d’attaquer l’ennemi américain par un biais détourné. Leur pari? Attaquer la crédibilité yankee en déconstruisant la version officielle des attentats du 11 septembre. La stratégie? Organiser une soirée évènementielle à la télévision, en prime time vendredi dernier, dont l’objet était audacieux : remettre radicalement en cause le récit classique des attaques terroristes. Le moyen? Un documentaire choc suivi d’un débat polémique.
Ground Zero Show
Tout d’abord, dès 21h25, le doc : « Zéro, Enquête sur le 11 septembre ». Production italienne, le film, réalisé d’après une enquête de Giulietto Chiesa, ancien journaliste à la Stampa et désormais député européen indépendant, relate l’ensemble des anomalies, omissions et contradictions du rapport officiel de la commission d‘enquête sénatoriale, publié en 2004. Tout y passe : les défaillances sécuritaires de l’armée de l’air pour intercepter les avions, les témoins de bruits d’explosions avant la chute des tours, la confusion sur l’identité des pirates de l’air, la troisième tour effondrée, les obstructions d’enquête de la part du FBI, les esquives de l’administration Bush lors de l’audition de la commission parlementaire, la promotion ultérieure des responsables en poste, etc, etc. Divers témoins se succèdent à la barre : contrôleurs aériens, employés du World Trade Center, pilotes militaires, agents du FBI, journalistes, assistants parlementaires, et ainsi de suite.
Clairement, on est loin ici des vidéos amateurs et autres compilations faites depuis leurs chambres par de jeunes internautes facétieux, de type « Loose change ». Malgré la tenation du mélodrame dans certaines séquences, le documentaire est typiquement professionnel, dans sa réalisation comme dans sa narration. Intervenants de poids : outre les physiciens et militaires interrogés, le romancier incisif Gore Vidal et le satiriste Dario Fo, prix Nobel de littérature, ont un discours autrement plus articulé qu’un Bigard. A ce jour, de toutes les enquêtes audiovisuelles proposant une autre version du 11 septembre, c’est sans nul doute la plus efficace, de par son cachet, à la fois élégant et percutant.
Le World Trade Center depuis l’espace
Puis vint le débat, enregistré à l'avance. Thierry Meyssan, bête noire des médias hexagonaux, fit partie d’un panel d’intervenants venus animer un débat contradictoire sur la nature et la responsabilité des attaques. Le député européen Chiesa, auteur du documentaire et ami proche de Gorbatchev, était présent, ainsi que le général russe Leonid Ivashov, chef d’état-major des forces armées au moment des faits. Des journalistes américains ont ainsi dialogué avec des spécialistes russes. Le clou du spectacle était la participation insolite d’un cosmonaute russe qui évoqua le contenu de photos de l‘espace aérien de New York, « hautement révélatrices », qu’il a prises juste après les attaques, depuis la station spatiale internationale…
Détail amusant, le présentateur de l’émission, Alexander Gordon, prit le soin de préciser que la ligne éditoriale de la soirée ne reflète pas nécessairement celle du Kremlin mais qu‘il s’agit simplement de présenter un débat libre où tous les points de vue sur le 11 septembre seront abordés.
Si l’on imagine mal Poutine ou Medvedev en régie pour superviser le bon déroulement du débat, de préférence hostile, ou du moins critique, envers l’administration Bush, il est certain que la diffusion, sur la première chaîne nationale, d’une telle soirée exceptionnelle, à tendance « conspirationniste » (pour reprendre le mot doux des « suivistes »), et ce, au lendemain de la commémoration du 11 septembre, n’est pas le fruit du hasard. A la veille du départ du tandem infernal Bush/Cheney, accusé d’avoir favorisé les troubles en Géorgie, le duo Poutine/Medvedev peut vouloir accentuer son offensive, sur le champ médiatique, à défaut du champ de bataille. L’impact ne fut pas insignifiant. Au-delà des 20 à 30 millions de téléspectateurs russes susceptibles d'avoir suivi le documentaire, le message adressé au reste du monde est limpide : la Russie donne son « aval » pour envisager sérieusement l’hypothèse d’une complicité américaine dans la préparation du 11 septembre.
Nous sommes tous des Bigard
Stratégie payante en ces temps de suspicion généralisée : d’après un sondage publié le 10 septembre et réalisé durant l’été par l’université du Maryland, sur un échantillon de 16000 personnes dans 17 pays, il ressort qu’il n’y pas de consensus dans l’opinion publique sur l’identité des auteurs des attentats. En moyenne, ce sont 46% des personnes interrogées qui estiment Al-Qaeda responsable tandis qu’une personne sur quatre n’a pas d’avis tranché. En Europe, ce sont les Français et les Allemands qui sont les plus « croyants » en la version officielle, avec respectivement 63 et 64 % à désigner Ben Laden. A l’inverse, le Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, le Mexique se démarquent franchement avec des majorités plutôt sceptiques.
En attendant l’exfiltration politique de Jean-Marie « Galilée » Bigard vers Moscou, qui a d'ailleurs récidivé dans ses propos sur le plateau de France 3, le bras de fer américano-russe continuera, sur les décombres de l’Ossétie comme sur celles, désormais, du World Trade Center.
http://www.lepost.fr/article/2008/09/12/1263548_ground-zero-show.html
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